MÉMORIAL DES OFFICIERS DE MARINE

 

 

 

  KERRIGUY Joseph, Marie

Naissance : 06/07/1903 à Lambezellec (Finistère)
Entré en service : 30/09/1921
Origine : École navale (EIM)

  Informations relatives au décès

Grade : Ingénieur mécanicien principal
Affectation : Cuirassé Bretagne
Fonction : Chef du service Machines
Date : 03/07/1940     Age : 36 ans
Lieu : Mers-el-Kebir (Algérie)

  Références :

Jugement déclaratif de décès rendu par le tribunal civil de Toulon le 29 mai 1941.


  MORT POUR LA FRANCE EN OPÉRATIONS

  Circonstances du décès

Depuis l'entrée en vigueur de l'Armistice le 25 juin 1940, la Flotte de l'Atlantique sous les ordres de l'amiral Gensoul était immobilisée dans les ports d'Algérie et la démobilisation des réservistes était commencée. Les bâtiments de ligne Dunkerque, portant la marque de l'amiral, et Strasbourg, les cuirassés Provence et Bretagne, six contre-torpilleurs ainsi que le transport d'aviation Commandant Teste étaient au mouillage de Mers-el-Kebir.
Le 3 juillet à l'aube, l'escadre britannique de l'amiral Somerville apparut au large de ce port. Sur l'ordre de Winston Churchill un ultimatum fut adressé à l'amiral français lui imposant de se joindre à cette force ou d'appareiller sous escorte britannique soit vers un port anglais, soit vers les Antilles ou les États-Unis. Si, dans un délai de six heures, il n'acceptait aucune de ces dispositions, ses bâtiments devaient être sabordés, faute de quoi ils seraient détruits.
Après avoir fait reporter l'instant d'expiration de l'ultimatum, l'amiral Gensoul refusa d'obtempérer car il ne croyait pas à la menace de destruction. A 16 h 56, au moment où il se déterminait à ordonner l'appareillage, les premières salves britanniques encadrèrent nos bâtiments qui commençaient leur manœuvre pour tenter de sortir l'un après l'autre dans l'ordre prévu.
À partir de 16 h 59, sa dernière aussière larguée, la Bretagne fut atteinte par plusieurs projectiles de gros calibre qui explosèrent sur l'arrière, provoquant l'incendie de munitions et l'explosion de chaudières, déchirant le blindage sous la flottaison. Très vite la moitié du bâtiment fut en feu. Après avoir en vain tenté l'échouage, le commandant ordonna l'évacuation, mais à 17 h 09, en quelques secondes le cuirassé chavira brutalement à quelque cent mètres de la jetée, emprisonnant de nombreux hommes qui périrent dans la coque retournée, certains ayant encore donné signe de vie pendant deux jours
Sur les 1 270 hommes de la Bretagne, 1 012 moururent ou furent portés disparus.


  Citations & Décorations

Par ordre n°1760 FMF/3 du 9 septembre 1940, l'ingénieur mécanicien principal Kerriguy a reçu de l'Amiral de la Flotte, Secrétaire d'État à la Marine, commandant en chef des Forces maritimes françaises, la citation suivante à l'ordre de l'armée de Mer :
"A constamment fait preuve des plus belles qualités militaires et morales. Disparu avec le bâtiment au cours de l'engagement du 3 juillet 1940 à Mers-el-Kebir."

           Avancement

01/10/1924    IM 3
01/10/1926    IM 2
12/02/1930    IM 1
16/11/1938    IMP

        Brevets, Certificats

1931   Certificat Z élémentaire

        Commandements

    Néant

           Affectations

1921-1923   École des élèves ingénieurs mécaniciens    École navale / Brest (Laninon)
1924-1926   Cuirassé Bretagne    Escadre de la Méditerranée
1926-1927   Torpilleur d'escadre Arabe    2e Escadre / Brest
1927-1928   Aviso Ville d'Ys    Station navale de Terre-Neuve et d\'Islande
1929-1930   Torpilleur d'escadre Bambara    Toulon
1931   Croiseur Duguay-Trouin    Toulon
1932   Cuirassé Provence   
1934-1936   Transport d'aviation Commandant Teste    1ère Escadre / Toulon
1937-1938   Contre-torpilleur Lynx    1ère Division de contre-torpilleurs / Toulon
1939   Cuirassé Bretagne    Flotte de l\'Atlantique


  Autres informations

Par décret du 11 janvier 1936, l'ingénieur mécanicien principal Kerriguy a été nommé chevalier de la Légion d'honneur.


Réf. SHM :  915/5


Date de mise à jour de la fiche :  01/01/2013


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